Assister à l’accouchement

La plupart des femmes ont vécu la présence de leur partenaire comme un fait positif. Il s’agit d’une expérience unique, même si elle est difficile, et le couple en ressort renforcé. La reprise de la vie sexuelle se fait sans aucun problème après quatre à six semaines.

Pourtant cette expérience a été traumatisante pour deux hommes sur dix. Les raisons invoquées par eux m’étaient familières : un collègue gynécologue qui avait décidé de ne pas travailler dans un service d’obstétrique, disait que « l’aspect animal de l’accouchement est trop bouleversant ». Certains de ces maris ont été aussi saisis par les sécrétions, d’autres par le sang, d’autres encore par les cris et les efforts de la parturiente. L’un d’eux s’est même évanoui et cet épisode n’a été que le prélude tragique d’une vie sexuelle désastreuse, rendue impossible par un évident mélange des rôles. Sa femme, en devenant mère, s’était trop rapprochée de son image paternelle colorant tout élan sentimental ultérieur d’une tonalité incestueuse.

Faut-il alors fermer la porte des salles d’accouchement aux hommes ? Certainement pas, et pour bien des raisons. La grossesse se vit de plus en plus souvent à deux, depuis la conception, fruit d’une commune décision, jusqu’au choix du prénom. Trépidant, le futur père participe aux examens cliniques de sa femme, suit des cours de préparation à la paternité et scrute avec émotion les premières images que l’échographie lui offre de son enfant5. Pourquoi un retour soudain aux rôles traditionnels devrait-il le priver de la joie d’être présent au moment crucial ? H suffit de quelques précautions pour éviter les traumatismes :

• Usez d’une grande prudence pour traiter du sujet. Si l’expérience précédente a été un échec, évitez toute culpabilisation. Les sentiments en jeu sont viscéraux, au point d’échapper à toute tentative de rationalisation.

• Discutez ensemble des motifs qui le poussent à assister à la naissance. Si, pour certains, il s’agit surtout d’assister leur femme dans un moment difficile, d’autres sont incapables de s’éloigner d’elle ne serait-ce qu’un instant. Et puis il y a ceux pour qui seul compte l’enfant à venir, et qui ne se soucient pas le moins du monde de leur partenaire. Ils vont même jusqu’à exprimer le désir de filmer l’événement, initiative qu’il faut traiter avec beaucoup de précautions, car on imagine un bébé tout rose et on finit par être choqué par tout ce qui entoure l’accouchement.

• Attention aux détails pratiques : le mari doit rester du bon côté de la table d’accouchement : près de la tête de sa femme qu’il pourra ainsi réconforter dans les moments difficiles du travail.